Nouvelle publication scientifique

Suppléments de calcium et de vitamine D chez les aînés : une pratique préventive à réévaluer, selon une étude de nos chercheurs

Dans le prestigieux British Medical Journal
10 juin 2026

Le système de santé souhaite, à juste titre, prendre soin de ses aînés. Comme environ un tiers des personnes âgées subissent une chute chaque année et que ces chutes représentent la principale cause de blessures, qu’elles soient fatales ou non, chez cette population, une pratique s’est installée au Québec et ailleurs dans le monde. Depuis plusieurs années, on prescrit presque systématiquement de la vitamine D, du calcium ou les deux, même chez les personnes sans antécédents particuliers, dans l’espoir de prévenir les fractures et les chutes.

Nos chercheurs Olivier Massé, Sébastien Dupuis, Gabriel Dallaire, Nicolas Dugré et David Williamson, ainsi que leurs collègues, se sont questionnés sur l’efficacité de cette pratique de routine en analysant 69 essais cliniques regroupant près de 154 000 participants. Les résultats de leur étude, Calcium, vitamin D, or combined supplementation to prevent fractures and falls: systematic review and meta-analysis, publiée dans le prestigieux British Medical Journal, font actuellement rayonner leur travail à l’international.

Les conclusions sont claires. La vitamine D et le calcium, pris séparément ou ensemble, offrent peu ou pas de bénéfice pour prévenir les chutes et les fractures chez les adultes sans indication médicale particulière (par exemple la prise d’un médicament pour l’ostéoporose). Pourquoi alors continuer à les consommer de manière préventive ? La science peine à justifier l’ampleur des prescriptions actuelles. Une grande partie des personnes qui en prennent n’en ont tout simplement pas besoin, souvent parce qu’elles ont commencé après une recommandation vague, sans explication ni indication précise.

On parle souvent de verre à moitié vide ou à moitié plein. Or, selon la nouvelle étude, monsieur et madame Tout le monde tenteraient plutôt de remplir des verres déjà pleins, dans un contexte où la vitamine D figure parmi les dix produits les plus réclamés à la RAMQ chaque année.

Face à ces constats, nos cliniciens chercheurs se préoccupent de l’efficacité et de la pertinence de cette pratique de santé. Leur travail offre l’occasion d’alléger certaines habitudes de prescription coûteuses qui ne sont pas appuyées par les données probantes, afin d’offrir des soins plus justes et mieux adaptés. Les résultats invitent même à revoir certaines recommandations de Santé Canada.

En matière de prévention des fractures, les preuves scientifiques soutiennent l’efficacité de l’activité physique et de certains traitements médicamenteux.